Premier Mai du PS Bruxellois – Cap vers l’avenir

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1er MAI 2017 – DISCOURS DE LAURETTE ONKELINX – PRÉSIDENTE DU PS BRUXELLOIS

Mes chers amis, mes chers camarades,

Je suis comme vous : le premier mai, je le chéris, je le fête, je l’honore.

Parce qu’il porte en lui tous les germes de l’espoir.

Parce qu’il est le témoin de combats qui ont changé la vie.

En 1866, pour obtenir la journée des huit heures, 350.000 travailleurs ont manifesté partout en Amérique et provoqué une grève générale. La confrontation avec la police tourne mal. A Chicago, la confrontation entre les forces de l’ordre et les manifestants fait plusieurs morts. Le premier mai, c’est le rappel de ce sang versé pour obtenir le droit d’être respecté comme travailleur.

21 ans plus tard, le premier mai 1891, en France, à Fourmies, le Parti Ouvrier organise un grand rassemblement joyeux, festif, en famille aussi, pour obtenir la journée des 8 heures et l’augmentation des salaires. Ils sont nombreux, ils revendiquent.

Les autorités prennent peur. Elles appellent l’armée.

La confrontation là aussi va être sanglante : l’armée tire sans sommation sur la foule.

9 morts en 45 secondes.

Le plus jeune a 11 ans. La plupart moins de 20 ans.

Jaurès parlera désormais de Fourmies  comme de la ville assassinée.

Ces histoires nous rappellent que la démocratie, les droits sociaux, le bien être partagé, le droit d’être respecté ne sont pas tombés du ciel. Il a fallu de la conviction, du courage, des hommes et des femmes qui se sont levés contre l’injustice. Seuls, ils ne pouvaient rien. Ensemble, ils ont changé le système.

Notre parti est né pour et par ces combats là.

Les temps changent, les combats ne sont plus les mêmes. Mais l’histoire nous apprend que rien n’est possible sans la force et la solidité d’un parti qui a pour obsession de permettre une vie digne de ce nom pour chaque homme et chaque femme de ce pays et d’ailleurs.

C’est pour cela que nous devons rester un grand parti de militants.

Et c’est pour cela aussi que j’en veux tellement à ceux qui ont terni, souillé l’image du parti.

Leur intérêt personnel, l’appât du gain, cette volonté d’amasser de l’argent tant et plus, est totalement indigne.

Et cela n’a rien à voir avec nous !

Oui ils nous ont fait honte.

Mais plus encore, ils nous ont affaiblis comme force de progrès.

Et ils ont conduit des camarades à douter.

Moi, je ne doute pas.

Par respect pour vous. Parce que je vous connais. Je sais votre idéalisme. Je sais votre engagement personnel, intime, radical, dans la construction d’un monde plus juste. Je sais vos heures, vos jours, vos années offertes à l’engagement politique, le plus noble engagement qui soit, celui qui refuse le monde tel qu’il est, celui qui refuse la régression sociale, et celle qui l’accompagne, la régression brune, populiste et identitaire.

Nous sommes capables, une fois de plus, de gagner les combats démocratiques qui s’annoncent. Nous n’avons pas Le choix. Nous Le devons. Nous Le devons à tous ceux pour lesquels nous sommes socialistes. Nous Le devons à ceux qui motivent nos combats quotidiens. Les travailleurs. Les usagers de nos services publics. Les allocataires sociaux. Tous les hommes et les femmes victimes des discriminations et des inégalités contre lesquelles nous nous révoltons.

L’enjeu est là, chers camarades. Redevenir les alliés des révoltés. Pas simplement pour se nourrir de colère mais pour gagner de nouveaux acquis sociaux comme nous l’avons toujours fait. Pour améliorer la vie des gens ici et maintenant et pour leur offrir de l’espoir pour leurs enfants.

Je suis et je reste une optimiste. Une optimiste de cœur. Une optimiste volontaire.

Parce que c’est le seul moteur de changement possible.

Margarida, je suis très fière et très heureuse de t’accueillir parmi nous.

Au Portugal, l’optimisme et la volonté d’Antonio Costa vous ont portés au pouvoir.

Tu fais partie de son gouvernement. Et je connais ton enthousiasme.

Ce que vous êtes en train de faire, en train de réussir, c’est un vrai tour de force !

Le parti socialiste portugais est la grande force de gauche, et parce qu’il a été choisi par le peuple portugais pour changer de politique, il l’a fait, avec le soutien parlementaire d’autres forces de gauche et d’écologistes. Le gouvernement socialiste est en place depuis 15 mois, plus populaire que jamais, fort de résultats particulièrement encourageants.

  • Les salaires dans les services publics ont été rétablis, le temps de travail réduit de 40 à 35 heures,
  • le salaire minimum a été augmenté, tout comme les retraites.
  • Tout cela en respectant les critères budgétaires européens, puisque le déficit devrait descendre au  plus bas de l’Histoire du Portugal.
  • Le tout avec le retour de la croissance et une baisse du chômage, passant de 12,3 % à 10,5 %.

Je tiens ici, avec mes camarades belges, à vous féliciter, et particulièrement le Premier Ministre Antonio Costa, car vous montrez qu’une alternative est possible !

Qu’une politique anti-austérité est le véritable avenir de l’Europe !

Vous démontrez que quand le parti socialiste est fidèle à ses engagements, il conquiert non seulement le cœur du peuple, la confiance du peuple mais il améliore aussi tout simplement le quotidien de millions de citoyens.

Bravo à vous, Margarida !

Je puise, mes camarades, mon optimisme dans ces exemples là et parce que je sais que nous allons dans quelques mois, avec le Chantier des Idées, faire des choix forts pour redéfinir non pas nos valeurs, elles sont immuables mais nos combats. Le monde change, il faut que les socialistes soient à la hauteur des enjeux. Qu’ils portent loin leur regard et leurs rêves et qu’ils les transforment en réalité. Que l’espoir efface la peur de tant de nos contemporains.

Au moins 5 chantiers sont indispensables

1. Les conséquences du changement climatique sont irréversibles. Notre écosystème est mal en point et les lobbies autour de Donald Trump vont accélérer le mouvement de destruction que vit la planète. Dans quel monde vivront nos enfants? Avec la destruction des ressources disponibles et l’augmentation vertigineuse de la population mondiale, on doit s’attendre à une cascade de conflits violents et à des déplacements massifs de population. Nous devons devenir un grand parti éco-socialiste qui porte des réponses en tenant compte de la réalité sociale de nos concitoyens.

2. Le capitalisme financier continue son emprise. Il ne connaît pas de frontières. Il est chouchouté par ce gouvernement fédéral en Belgique pendant que dans le même temps, on impose des sacrifices aux travailleurs. Toujours plus de flexibilité, un saut d’index, des contraintes négatives pour empêcher la hausse des salaires, l’augmentation de l’âge de la pension et j’en passe. Un travailleur doit continuer à travailler toute sa vie, sans arrêt pour vivre, se loger, manger, organiser la scolarité des enfants. Celui qui détient un grand capital, lui, peut s’arrêter. Son profit coule à flot, sans rien faire. Notre socialisme doit inverser le cours de cette histoire-là. C’est le travail qui doit être privilégié. Pas le capital !

3. La révolution numérique est en marche avec une rapidité qui n’a pas d’égal dans l’histoire du monde. Elle va apporter du mieux vivre et des capacités nouvelles si elle est bien encadrée; mais elle va surtout détruire de l’emploi, des millions d’emplois. Quelle réponse idiote de ce gouvernement que d’augmenter le nombre d’heures supplémentaires et quelle aberration de multiplier les temps partiels involontaires avec perte de salaires. Nous devons imposer la seule réponse possible, la seule réponse crédible : la diminution du temps de travail. Et je plaide pour que la semaine des 4 jours soit une proposition phare, cardinale de notre programme.

4. La peur, le désarroi emporte avec lui des replis identitaires. Le racisme est tendance, la haine et le rejet de l’autre redeviennent des projets de société. L’extrême droite est aux portes du pouvoir en France. En Belgique, Margarida, un membre du gouvernement s’est amusé à lancer un sondage pour savoir si parmi les réfugiés qui fuyaient l’enfer, il fallait préférer sauver des chrétiens ou des musulmans. Et le Premier ministre libéral n’y a rien vu à redire. Il est loin le temps où nous combattions les libéraux sur le plan socio-économiques mais où nous pouvions les retrouver sur le terrain de l’humanisme. Aujourd’hui, ils ont fait le choix de l’opportunisme et les voilà infectés par le sectarisme, par le rejet de l’autre, par un racisme rampant. Et pour couronner le tout, c’est un ministre libéral qui donne à l’Arabie saoudite, un pays où les femmes sont plus maltraitées qu’elle ne l’étaient ici au Moyen-âge,  les clés pour définir les contours de la l’égalité entre les hommes et les femmes.

Nous devons proposer autre chose.  Une société fraternelle, ouverte, respectueuse de chacun. L’égalité, la pièce centrale de nos valeurs ne peut pas être qu’un beau rêve. Nous devons la défendre, l’imposer et retrouver la joie de vivre dans un pays et particulièrement dans une région diverse, multiple où les langues et les cultures s’enrichissent de leur différence.

5. L’Europe enfin. Les développements politiques récents en Hongrie et en Pologne, le Brexit, la montée des extrêmes dans de nombreux pays, nous montrent régulièrement que l’Europe est en crise. Les citoyens doutent de l’Europe au point de remettre en cause l’utilité de celle-ci.

Pour nous socialistes belges, le rôle que doit jouer l’Europe est indéniable, il s’agit d’une évidence. Nous avons voulu l’Europe, nous avons rêvé l’Europe, avec des grands Européens comme Paul-Henri Spaak, François Mitterrand, Willy Brandt, Jacques Delors … Mais l’Europe actuelle ne fait plus rêver, loin de là.

Pour certains – et surtout dans le Sud de l’Europe comme chez toi Margarida – les politiques austéritaires l’ont fait tourner au cauchemar.

Pour nous, le débat n’est pas plus ou moins d’Europe mais d’une autre Europe. Il faut changer de cap, changer de direction.

Basta avec l’austérité !

Basta avec la concurrence effrénée entre travailleurs !

Basta avec la concurrence fiscale ! 

Ce changement de direction il est vital pour l’Europe mais aussi pour la gauche européenne.

Pour l’Europe, car pour convaincre à nouveau, elle doit se remettre à protéger ses citoyens.

Elle doit permettre une convergence économique et sociale, garantir une juste répartition de la richesse et approfondir la cohésion sociale. Elle doit lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale et éradiquer la pauvreté des enfants.

L’Europe ne doit pas être le cheval de Troie de la mondialisation ultra-libérale mais le bouclier qui protège.

Nous avons bien fait, avec Paul Magnette à la Région Wallonne – mais aussi à Bruxelles avec Rudi et Fadila et à l’Europe avec Marie – de marquer notre opposition au CETA ! Certains plaident la fin de l’Europe par nationalisme à courte vue. En laissant les nations seules face au pouvoir de l’argent et des multinationales,  face aux menaces de guerres . C’est assassin et stupide. D’autres plaident la fin de l’Europe parce qu’elle n’est pas assez sociale. Ce sont    des résignés qui acceptent de perdre la bataille avant de l’avoir menée.

Nous pas. Nous restons européens mais nous ne laisserons pas l’Europe dériver, nous allons la changer.

Le travail a commencé et nous allons le poursuivre!

Mes chers camarades – comme ce mot est beau d’ailleurs,

Je suis optimiste aussi parce que je vois ce que nous faisons quand nous sommes au pouvoir. C’est le cas à Bruxelles, notre Région.

Quelle énergie !

Gouvernement, parlement, partenaires sociaux, tous ensemble vous avez lancé cette stratégie pour l’avenir avec 180 chantiers prioritaires. De la garantie jeunesse pilotée par Rudi au plan régional pour l’innovation de Fadila. De l’adoption d’un small business act en novembre dernier pour le développement d’entreprises aux contrats écoles pour soutenir la scolarité de nos enfants. De la réforme fiscale qui a diminué l’impôt des personnes physiques au plan d’économie circulaire, à la lutte contre le dumping social. De la création de nouveaux quartiers aux investissements dans le transport public, vous êtes partout à la fois. Sans oublier Rachid qui à la communauté complète le travail pour contrer le désespoir d’une partie de la jeunesse de nos quartiers.

Le gouvernement et le parlement, ensemble, sous l’impulsion du PS, première force politique à Bruxelles, sont partout à la fois, dans une énergie et un enthousiasme que j’apprécie.

Aux parlementaires socialistes, Philippe, Catherine et tous les autres, je voudrais vous dire : continuez à vous imposer.

Sur le logement par exemple.

Le projet déposé est insuffisant. A Bruxelles, où la grande majorité des habitants est locataire de son logement, où nous arrivons à presque 50.000 personnes qui cherchent un logement social , où les prix sont souvent trop chers pour une grande partie des bruxellois, il faut être ambitieux.

Je sais que vous avez déjà beaucoup obtenu. Plus de 24 amendements pour mieux protéger le locataire.

Mais il faut encore plus.

La grille de référence est un pas important pour qu’on puisse avoir une maitrise des loyers . Le mieux est évidemment l’encadrement des loyers.

Cela existe dans d’autres pays confrontés, surtout dans les grandes villes au même phénomène.

Mais nous sommes en coalition et c’est difficile face à des forces politiques moins progressistes.

Alors à tout le moins , il faut avancer pour la constitution d’un véritable fond de garantie pour les garanties locatives !

Nous devons développer cet outil public, paritaire, financé par tous, et qui offre une possibilité à chacun de constituer sa garantie locative à son rythme, en fonction de ses moyens, pas de son capital ni de celui de sa famille ! Nous sommes las d’un système qui organise la dépendance des gens à leur patrimoine, et qui se détourne de la solidarité qui unit les travailleurs. Comme pour les crédits hypothécaires, les banques s’en détournent, mais de qui se moque-t-on ? Nous devons obtenir que chaque ménage qui cherche un logement puisse bénéficier de la solidarité de tous pour constituer sa garantie locative ! Je compte sur vous !

A tous, les mandataires, les militants, je dis aussi soyez fiers de nos succès. Une révolution est en marche à Bruxelles. Celle de l’emploi est incroyable. Cette révolution est la nôtre et nous sommes en train de montrer notre force et notre efficacité.

Nous n’acceptons pas le monde tel qu’il est. Nous n’acceptons donc pas le chômage tel qu’il est. Mais plus que cela. En tant que socialistes, nous croyons profondément en l’efficacité de l’action publique, c’est-à-dire l’action collective, pour lutter contre le chômage, réduire les inégalités, construire un monde plus juste. Camarades, sur le front de l’emploi bruxellois, c’est bien notre persévérance socialiste qui a fait toute la différence. Oh, le réel ne se change pas en un jour. Nous avons franchi chaque étape une à une.

Rappelez-vous ! Cela ne remonte pas à si longtemps. Le 1er mai 2013, il y a seulement 4 ans, à cette même tribune, j’ai déclaré notre volonté de changer le système: le chômage ne pouvait plus être une culpabilité individuelle, il est une responsabilité collective. Nous nous sommes donc engagés, en tant que socialistes, à garantir une solution à chaque jeune dans le cadre de la garantie jeunes.

En 2014, nous en avons fait notre principal thème de campagne. Et votre mobilisation a convaincu.

Depuis, nous nous sommes battus, budget après budget, pour faire de la Garantie Jeunes une réalité. Avec la mobilisation des équipes de Bruxelles Formation et Actiris, nous avons démontré l’efficacité des services publics pour relever le défi que le libéralisme nous décrivait comme impossible. Impossible ? Laissez moi vous citer Mark Twain : Nous ne savions pas que c’était impossible. Alors nous l’avons fait.

Regardez nos résultats, ils sont tellement réjouissants lorsque l’on songe aux personnes et aux familles qu’ils concernent. Depuis le début de la Garantie Jeunes, le chômage des jeunes baisse de façon spectaculaire. L’on me dit que mardi, Actiris annoncera la 47eme baisse successive du chômage des jeunes, 47 !, presque 4 ans sans discontinuer. Il y a 4 ans à cette date, le 1er mai 2013, c’est à dire le jour ou j’annonçais le lancement de la Garantie Jeunes, Bruxelles comptait 14 000 jeunes chercheurs d’emploi. Aujourd’hui nous en sommes à 9000. Une baisse de… 35 % !  Jamais la Région bruxelloise n’a connu aussi peu de chercheurs d’emploi depuis un quart de siècle.

Et puis, le mois dernier, le Gouvernement fédéral a publié les chiffres du taux d’emploi. Tiens tiens ! Personne n’en a parlé. Mais savez-vous, chers camarades, qu’alors que le taux d’emploi des deux autres régions est stable, celui de Bruxelles a tellement augmenté qu’il est au plus haut depuis presque 10 ans ?

Je vous le dis, camarades, notre mobilisation socialiste a porté ses fruits. Nous venons, en quelques années, de faire la démonstration qu’une politique de gauche, portée par nos services publics, sans à priori idéologique et donc en partenariat aussi avec le privé, était efficace dans la lutte contre le chômage.

Est-ce suffisant ? Non ! Jamais les socialistes ne baissent les bras. C’est pourquoi nous continuons avec la création des contrats d’insertion pour les jeunes les plus fragiles. C’est pourquoi nous continuons avec la création à terme de presque 1000 contrats d’articles 60 supplémentaires. Mon message n’est pas de crier victoire ! Au contraire ! La précarité augmente. Le nombre d’usagers des CPAS aussi. Le nombre de travailleurs pauvres progresse. Nous le savons !

Mon message est d’abord de vous dire merci ! Vous dire merci pour vos mobilisations passées qui nous ont permis la victoire sociale à laquelle nous assistons aujourd’hui. Mon message est surtout de vous dire : continuez !  Oui, continuons !

Ce succès pour les jeunes en recherche d’emploi, il faut qu’il soit le même pour les gens qui sont au chômage de longue durée, dans le désespoir de trouver un emploi. A Bruxelles, nous allons pas à pas appliquer notre conviction que les chômeurs ne sont pas responsables de leur situation et que les pouvoirs publics ont l’obligation de leur trouver une solution ;

Nous en ferons, je vous le dis déjà le cœur de notre projet électoral !

Voilà, mes chers camarades, ce que je voulais vous dire aujourd’hui.

Je vous disais tout à l’heure que beaucoup d’hommes et de femmes ont peur, sont désorientés, pressentent une menace.

Les choix des électeurs en Angleterre, aux Etats-Unis, en France en sont une conséquence.

Soyons audacieux face aux populistes en tous genres qui gangrènent le paysage politique et embrigadent dans leur flot d’égoïsme des citoyens inquiets.  Des milliers de causes hurlent d’impatience au titre de la dignité humaine qui est notre combat, au titre de la lutte contre l’injustice qui est notre moteur. Ici en Belgique et ailleurs, en Europe et dans le monde.

Notre socialisme est sans frontière, notre solidarité internationale. Peu importe la nationalité des exploités, l’origine des mutilés, la couleur des déshérités.  Nous devons plus que jamais combattre les violences et les impostures, consoler, secourir, relever, encourager, enseigner, transformer. Le socialisme c’est le changement face à l’immobilité, face à cette droite qui proclame le changement alors qu’elle n’a de cesse de nous ressortir de vieilles recettes qui ont mille fois échoué.

Le socialisme est et doit être l’innovation, le changement.

Nous le devons à notre jeunesse. Cette jeunesse qui à Paris, à Bruxelles et ailleurs est venue secourir ceux qui s’écroulaient. Cette jeunesse qui trace des mots de paix à la craie, allume des bougies pour que la vie exulte. Cette jeunesse qui ne baisse pas les bras, qui se bouge. Ces femmes aussi qui s’exposent au péril de leur vie pour défendre les lapidés, les accablés, les peu, les rien en Ukraine, en Russie, en Arabie saoudite, en Tchétchénie.

Les choses peuvent devenir réelles si on les croit possible.

Partout dans le monde, des groupes se mettent en place pour résister, améliorer, construire, face à cette société qui consume, consomme, dévore. C’est l’espérance.

Des gens ordinaires, typiques de l’endroit où ils vivent, commerçants, professeurs, étudiants, grands-mères montent aux barricades. C’est l’espérance encore !

Chaque génération a connu sa part de dangers et forgé ses propres réponses. Rien ne nous attend sinon nous et ce que nous faisons.

Même quand, comme en Syrie, l’horreur est immense, même quand pleurer devient inconcevable, quand les hommes fuient en hurlant avec dans leurs bras des cadavres auxquels ils ne portent plus attention, l’espoir est toujours le plus fort, il est partout où l’humain vit, survit, dans la nature profonde, dans le silence du monde, il y a toujours une fleur pour tenir tête au souffle du vent. Il y a toujours un brin de muguet pour parfumer le désir d’avenir.

Alors, ensemble, travaillons pour rendre le monde meilleur, travaillons et que cela nous rende heureux, d’être les uns avec les autres.

Très bon premier mai à tous et à tous et que vive le socialisme !!

Laurette Onkelinx