Lettre ouverte à Richard Miller – L’égalité des droits entre les hommes et les femmes, un combat de toute une vie

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Monsieur Miller,

Richard,

Ainsi donc, vous osez dire que Karine Lalieux et moi-même n’avons rien fait pour la cause des femmes. C’est offensant et cela vous rabaisse.

Karine est une femme que j’admire et respecte et je sais le travail quotidien qu’elle mène notamment pour l’égalité des droits entre hommes et femmes.

Pour ce qui me concerne, le combat pour la cause des femmes est certainement le combat de toute ma vie.

Avant d’entrer en politique, j’ai travaillé comme bénévole dans une maison d’accueil pour femmes battues.

Puis, au tout début de ma carrière politique, en 1990, j’ai été rapporteure de la loi dépénalisant partiellement l’IVG et j’ai été intervenante au Congrès suite à la « mise en congé » du Roi Baudouin, pour que cette loi puisse être publiée.

J’ai toujours considéré, comme femme politique, que j’avais le devoir, à côté de mes autres attributions ministérielles, de poursuivre ce travail pour l’égalité des sexes. Et cela est d’atuant plus important que je sais que pour les femmes, rien n’est jamais définitivement acquis.

Voilà pourquoi par exemple, j’ai élaboré une loi prévoyant la parité homme/femme sur les listes électorales, ou le premier plan national d’action contre la violence à l’égard des femmes, et j’ai obtenu la modification de la Constitution afin d’y introduire le principe fondamental de l’égalité des hommes et des femmes et le droit, pour y arriver, de recourir à la discrimination positive.

Ce sont quelques exemples mais sachez qu’à chaque fois j’ai pu compter sur de nombreux soutiens dans différents partis, de la majorité comme de l’opposition.

Voilà pourquoi je suis offensée par vos propos, Monsieur Miller.

Voilà pourquoi, je reste comme tant d’autres, opposée à votre texte qui maintient l’avortement dans le giron de la loi pénale alors qu’une majorité d’hommes et de femmes au parlement pouvait enfin obtenir la dépénalisation et faire honneur à ce si beau combat de Roger Lallemand et Lucienne Herman-Michielsens. Un socialiste francophone et une libérale flamande. Mais, surtout, deux beaux esprits libres qui ont osé une démarche peu commune pour rassembler un consenses qui faisait fi des barrières des partis!

Je conclus en reprenant les paroles du jour de Jean-Pierre Buylle, président d’Avocats.be: » (…) c’est avec les proches et le staff médical que la femme pourra se reconstruire, pas avec des juges et des gardiens de prison. »

Laurette Onkelinx